L'arrêt d'Anatole
Quand j'ai décidé d'arrêter Anatole, notre produit IA, ce n'était pas un échec. C'était un acte de lucidité.
Un bon produit mérite parfois d'être arrêté.
Anatole était notre assistant IA pour le tourisme. Pendant dix-huit mois, nous l'avons construit, testé, déployé auprès de professionnels du secteur. Il fonctionnait. Les utilisateurs le trouvaient utile. Les retours étaient positifs.
Et pourtant, je l'ai arrêté.
La lucidité comme compétence
Arrêter un produit qui marche, c'est contre-intuitif. Mais la question n'était pas « est-ce que ça marche ? ». La question était « est-ce que c'est le bon combat ? ». La réponse était non.
Le marché des assistants IA conversationnels est en train de se commoditiser à une vitesse que personne n'avait anticipée. Ce que nous construisions avec Anatole, les grands modèles allaient le faire en natif dans les six mois. Pas aussi bien, pas aussi spécialisé. Mais suffisamment bien pour que notre avantage se réduise à néant.
Ce que le terrain m'a appris
350 professionnels formés en un an. Des centaines d'heures en salle. Ce que j'ai appris sur le terrain n'était pas que l'IA fonctionne (ça, tout le monde le sait). C'est que la vraie valeur est dans l'accompagnement de la transformation, pas dans l'outil.
L'outil est remplaçable. La capacité à lire une organisation, à identifier où l'IA crée de la valeur et où elle en détruit, à accompagner le passage du niveau 1 (soulagement) au niveau 3 (reconception), cette capacité est irremplaçable.
Anatole m'a appris une chose : construire un bon produit et construire la bonne chose sont deux compétences différentes.
La suite
KiXiT continue. Pas comme éditeur de logiciel, mais comme cabinet de conseil et de formation. Le terrain reste le même : l'IA dans le tourisme et les territoires. Mais l'angle change. Nous accompagnons la transformation, nous ne vendons plus l'outil.
C'est un choix qui coûte à court terme. Mais c'est le choix lucide.